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Anne

Temps de lecture : environ 6 minutes

Finalement il fait froid se dit Denis

Trois mois...

Trois mois qu’il vivait dans ce petit appartement du centre-ville, trois mois qu’il le subissait dans cette rue étroite Quand on ouvrait les fenêtres, on avait l’impression que la salle de bain du voisin était dans le salon d’Anne.

Heureusement depuis un mois le locataire d’en face avait déménagé

Le seul point positif de l’appartement c’était Anne, et ça méritait tous les sacrifices.
Anne, pour lui, c’était une fille vive avec beaucoup de repartie et un humour cinglant, de longs cheveux de feu ondulés, et un corps fin musclé qui enflammait son âme son cœur et son corps.

Quand elle lui avait proposé de venir vivre avec elle, il n’avait pas hésité un instant, elle était parfaite.

Et puis en plus il pleut! se dit Denis

Il posa son sac un instant le temps de remonter les pans de sa veste

Quoique...

les goûts et les couleurs… pour ses potes, Anne c’était une rouquine ébouriffée, colérique, acide plate comme une planche à pain ,qui les gonflaient profondément. D’ailleurs depuis trois mois ils ne se voyaient pas beaucoup. Il était hors de question avait dis Anne que cette bande d’ados attardés squatte dans son salon.

Hier matin, au moment où il quittait l’appartement pour aller a la fac une camionnette s’était arrêtée devant la porte d’en face, deux types, un jeune et un vieux, avaient commencé à décharger un canapé, un peu d’électroménager. Il avait levé la tête et vu que la fenêtre de l’appartement d’en face était ouverte et qu’un rire de femme s’en échappait.

Il avait envoyé un SMS à Anne « on a un nouveau voisin, ou une voisine ».

Le soir il l’avait retrouvée debout à la fenêtre. En face les volets étaient fermé

— tu es sur ? lui avait-elle dit.  Qu’il y a quelqu’un en face ?

— Oui c’est le seul appartement vide dans l’immeuble. Après le nouveau locataire n’emménagera que demain, c’est sans doute un étudiant.

— comment tu sais ça ?

— je sais pas, c’est le début du semestre, que les apparts sont tout petits avec des vis-à-vis de folie, et comme les loyers son pas cher je ne vois que des étudiants comme nous pour se terrer ici.

La pluie redoublait. Il faisait chier Paul il pourrait se bouger le cul quand même… La lumière du hall de l’immeuble d’en face s’alluma.

Quand il était rentré ce soir Anne était à la fenêtre à moitié cachée derrière le rideau

— çà va ? – Il avait dit.

Elle avait l’air obnubilée par ce qui se passait de l’autre côté de la rue. Il posa son sac et se tourna vers elle.

— « Ho putain ! qu’elle est bien gaulée ! » dit elle dans un souffle.

— Quoi ?

— La voisine d’en face, elle a tout d’un top-model

— Autant que toi ? – il sourit, mais, mais il était sincère depuis qu’il l’avait rencontrée il n’imaginait pas qu’on puisse être plus sexy qu’elle.

Dans la tête d’Anne, il y avait une petite fille avec des cheveux incoiffables et roux dont des gamins s’étaient foutu en primaire.
Il y avait des ados prétentieuses qui c’étaient foutues de ces seins qui refusaient de pointer. Il y avait de la colère contre tous ces cons. Il y avait surtout, derrière des remarques narquoises et une capacité a se mettre en colère, un manque de confiance absolu, typique de ceux qui à force de se faire déprécier par les autres, en venaient a se dire que c’étaient eux qui avaient sans doute raison. Il y avaient enfin une incapacité a avoir confiance en l’amour et l’attention qu’on pouvait lui porter.

— Viens voir par toi même.

— Çà va pas non ? Je vais pas mater la voisine !

« Viens voir » . dit elle dans un souffle. Elle était blême elle serait les dents.

À contre cœur il s’approcha, mit une main protectrice autour de ses épaules et risqua un œil au moment ou la voisine, qui monopolisait l’attention d’Anne, sortait de la cabine de douche

— «Ho bordel !  Quels nichons ! » – dit-elle.

— Il se força à regarder. Les seins de la voisine, étaient plutôt gros et en poire, Elle se retourna pour prendre une serviette.

— « et quel cul » rajouta-elle

Il était mal à l’aise, se sentant forcé d’être là et de regarder, en sentant les épaules d’Anne se tendre. il ne savait que dire, alors il tenta :

— Mouais…

— Non mais arrête ! objectivement elle est super bien lochée, elle a un joli cul en bombe qu’est-ce qu’il te faut pour t’arracher autre chose qu’un « mouais » ?

— «Toi ! » tentât-il serrant un peu plus son épaule.

— arrête de jouer au con !  dit-elle d’un ton sec. Regarde-la, c’est une vrai déesse, regarde-la ! et sois-objectif !

Il la sentait se tendre de plus en plus. Dans son cerveau des milliers de petits signaux d’alarme commençaient a s’allumer, il ne savait pas ou toute cette conversation allait « soit conciliant lui dit la voix de la raison ». Il se força à regarder.

Pendant leur échange, la voisine avait enfilé un soutien-gorge qui mettait sa poitrine en valeur, et un pull fin et noir qui faisait ressortir ses longs cheveux couleur de miel.

Elle finissait d’enfiler un jean slim qui soulignait ses longues jambes et ses fesses.

Il la fixait, sans voix.

Elle mit du rouge sur ses lèvres pulpeuses, faisant une moue adorable…

Elle tendit la main vers son mascara…

La voix d’Anne le sortie de son hébétude

— Alors ? – croassa elle – « Objectivement ? »

Comme au sortir d’un rêve, s’arrachant a la fenêtre il ne pu retenir 4 mots

— C’est une bombe ! souffla-il avec une sorte de sourire imbécile sur ses lèvres

Et effectivement tout explosa en un instant.

Elle le gifla, elle l’insulta, elle le frappa, elle le poussa loin de la fenêtre en tirant le rideau d’un geste plein de rage…

Un quart d’heure plus tard, il était à la porte avec à la main un sac ou il avait a peine eu le temps de glisser quelques affaires

Il tapa à la porte, tenta de la raisonner, la supplia de lui ouvrir, lui rappela, que c’était elle qui voulait un avis objectif, elle qui avait voulu qu’il regarde…

De l’autre côté de la porte, sa douce sa belle sa princesse se transformait en dragon.

— Mais casse-toi connard, Mateur de blondasses à gros culs! tire-toi de ma vie, je veux plus te voir…

Elle continuait s’enflammant de plus en plus, l’insultant le rabaissant

...Tu es comme tous les autres fantasmer sur des pouffiasses à gros nichons…

Çà ne s’arrêtait plus, pour elle c’était 20 ans de frustration, à être comparée aux autre femmes qui se libérait, elle avait cru trouver un gars différent, et il avait fallut que le destin, mit devant Ses yeux, juste en face du salon, la femme parfaite, cette connasse !

Elle était incapable d’endiguer cette vague libératoire de toutes ses rancœurs

De l’autre coté de la porte la vague se transformait en un tsunami qui détruisait tout sur son passage

— Mais vas la baiser cette pute maquillée comme une voiture volée ! tire-toi connard, TIRE-TOI !

Puis elle se tu et il entendit ses sanglots derrière la porte.

Tire-toi soufflât elle… Je te ferais passer ta valise, par un de tes potes débiles je ne veux plus te voir hoqueta elle dans un sanglot

Il était en colère

il descendit l’escalier et composant le numéro de Paul

— Viens me chercher, Anne m’a foutu dehors…

… oui je sais tu me l’as dit une hystérique, oui je sais… arrête de me chambrer je suis pas d’humeur, viens !

… oui si tu veux on ira dîner au CROUS avec Julia, et Kevin… Ils sont chez toi ?… bon okay, je vous attends, dans un quart d’heure… ouais, a plus!

Il était en bas de l’escalier.

Il ouvrit la porte il pleuvait…

Pendant qu’il râlait contre le climat, contre Anne, et contre le manque de vitesse de Paul, La porte de l’immeuble d’en face s’ouvrit, une jolie blonde en sortit ; La voisine d’en face l’air un peu perdu.

Elle l’avisa et s’approcha de lui sous la pluie.

Peut-être l’avait-elle vue à la fenêtre, peut être allait-elle aussi lui en coller une…

Quand une soirée de merde commence, çà peut être sans limite

— Salut, excuse-moi. dit elle d’une voix douce en le regardant de ses grands yeux bleus, mis en valeur par le mascara (sans doute waterproof). Je suis nouvelle dans le quartier, je cherche le CROUS pour aller diner.

Il s’entendit répondre :

— j’attendais des amis pour y aller, c’est à deux rues d’ici…

Des pneus crissèrent, une voiture tournait au coin de la rue

…ils arrivent justement, viens avec nous... il pleut !

— Merci ! – dit elle dans un sourire – Je m’appelle Anna.

— Moi c’est.. c'est, Denis !

Anna, ce prénom sonna joliment à son oreille. Comme une lettre changeait la tonalité d’un nom comme il le rendait doux, rond, chaud. Comme finalement ce pluvieux soir d’hiver pouvait soudain devenir doux.

Paul se garât juste sous la fenêtre de l’ancien appart de Denis, Anna monta a l’arrière

Denis allait s’installer à la place du mort, quand le grincement d’une fenêtre se fit entendre. Il leva la tête vers la fenêtre d’Anne

Une valise venait à sa rencontre Et lui fracassa la nuque.


La BO de Anne :

2 thoughts on “Anne

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