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Marcel et Suzanne • Partie 1

Temps de lecture : environ 2 minutes

— Écoute Suzanne, puisque je te le dis, arrête de me prendre pour un dingue… je te dis je l'ai vu…

— T'as vu quoi Marcel ? encore un agent de la NSA ?

— D'la NSA d'la NSA… p't'être bien ou de la CIA… J'sais pas moi avec toutes ces agences gouvernementales qui nous surveillent… c'est p't'être bien la HADOPI même j'te dis qu'j'les ai vu… la bas… en face…

— Mais oui Marcel… Mais oui… parle plus doucement respire (elle prend une inspiration) expire…( elle souffle longuement).

Faut dire que Suzanne elle le pratique depuis un moment Marcel.
Déjà dans les années 60 il avait des envies de balancer des mandales aux fachos pendant la guerre d'Algérie. Puis il avait balancé des pavés à la tronche des CRS en 68, puis des moutons à la tronche des militaires sur les plateaux du Larzac ( l'année où ils étaient partis avec la caravane dans les Gorges du Tarn pour visiter Rocamadour). Il avait eu aussi cette année où il avait balancé des kouign amanns à la tête des chercheurs du CEA à Plogoff… Bref, son Marcel avait toujours été un activiste de la gauche  révolutionnaire…

Enfin jusqu'aux années 80 parce qu'après…
Après entre son vote pour Mitterrand, la chute du mur et le remplacement des Cœurs de l'Armée Rouge par les Bratislaboys et bien ses idéaux en avaient pris un grand coup dans la gueule.

Finalement, du point de vue de Suzanne les années 90 avaient été une forme de libération. De période de sérénité absolue avec des étés sur le bord de la plage à Palavas sans manif, sans pavé, sans nuit à devoir aller chercher Marcel au poste, et surtout, avec l'achat d'un petit appartement dans un bien bel immeuble près de toutes les commodités.
Un appartement où il vivraient leur retraite et finiraient leur vie.

Voilà, voilà.

Mais le siècle nouveau était arrivé avec son lot de nouveautés dont cette diablerie d'Internet…

Et là ça a été le début de la fin. Il n'avait plus besoin de sortir le Marcel… c'est toute la misère du monde, les injustices et les complots arrivaient à présent dans leurs salon.
il pouvait maintenant travailler à la révolution prolétaire dans son fauteuil. En charentaises.

 


La BO de Marcel et Suzanne • Partie 1 :

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